Jacques Sirat, le cyclo-nomade gersois, en conférence le vendredi 15 mars à Pavie.

Sirat

Finies les sacoches remplies de courrier, vive le sac à dos et les rations de survie. Jacques Sirat, contrôleur à La Poste de Moissac (Tarn-et-Garonne), n'était pas de la dernière grève. Il était en disponibilité. Parti le 31 juillet 1994 de Sainte-Mère (Gers) pour une course à pied autour de l'Europe, il a bouclé sa circonvolution dimanche après avoir parcouru 32 pays, 18 260 km, et usé 29 paires de chaussures en 505 jours d'épopée.

Le postier gersois souhaitait « mieux connaître les habitudes de vie des Européens ». Avant et après Maastricht, le projet, en soi, pouvait passer pour assez banal. Ce qui l'est moins, c'est qu'une fois rentré sur ses bonnes terres, et ses images bien classées dans sa tête, son besoin d'évasion sans détour n'ait rien perdu de sa vigueur. « Ce voyage m'a fait prendre conscience que ce mode de vie me correspondait tout à fait », assure Jacques Sirat. Sûr qu'à bientôt 32 ans, et après avoir dormi pendant ces dix-sept mois « tantôt chez l'habitant, tantôt dans des auberges de jeunesse », il y a pris goût et n'avoue plus qu'une hâte : celle de visiter, au plus vite, tous les pays du monde en vélo tout-terrain pendant « sept à neuf ans ».

On aura compris que Jacques Sirat ne sera plus fidèle au poste. Son grand départ est programmé pour 1997. Le Gers a perdu un postier mais gagné un aventurier qui a mérité qu'on le prenne au pied de la lettre. (La Croix 20/12/95)

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